01.08.2010
rencontre internationale
Depuis maintenant 4 ans, nous organisons tous les étés des séjours solidaires ayant pour objectif de favoriser la rencontre entre jeunes français et malgaches. Cette inter culturalité nous paraît indispensable à la construction du monde de demain. A Madagascar, ce sont les jeunes accueillis sur les structures de l’association « Grandir à Antsirabe » qui reçoivent les jeunes français, inscrits sur les séjours solidaires dans le cadre des centres de vacances. Ces jeunes sont issus des CE (Comités d'entreprises) ou se sont inscrits individuellement auprès de notre partenaire historique, Telligo-Cousins. Après quelques explications et réunions d'informations, les jeunes français prennent la direction de Madagascar pour 3 semaines de séjour découpées en deux temps: d'abord la partie "vie ensemble" à Antsirabe pendant 10 jours et une deuxième partie de séjour qui s'articule autour de la découverte de Madagascar (descente de la RN7, découverte du parc de l'ANJA et 3 jours au village de pêcheur d'Anakao). Les enfants malgaches se préparent dès le mois de juin à l'arrivée des français, ils réalisent souvent des exploits d'organisation pour recevoir au mieux leurs hôtes. En plus de leurs journées quotidiennes qui se rythment au gré des tâches ménagères, des impératifs scolaires et autres activités, ils consacrent un maximum de temps à leurs amis français. Pour cela pas de secret, il faut raccourcir les nuits et se lever plus tôt.
Les premières rencontrent sont souvent empreintes de maladresses, particulièrement de la part de français, peut habituer à ce genre de rupture. Car pour eux il s'agit souvent de rupture: tous leurs codes habituels sont bouleversés, ils viennent d'atterrir dans un monde où la société de consommation n'est pas reine. Les questions et remarques fusent : « pourquoi je ne peux pas passer ma journée avec mon casque sur les oreilles ? Pourquoi je ne peux pas utiliser mon portable ? Pourquoi on s’éloigne pour fumer ? Pourquoi vous voulez que je fasse un béret ? » En général dès le premier jour les jeunes français ont accepté de mettre de côté beaucoup de leurs habitudes, pour la plupart ils décident de ne plus faire attention à leur image et se mettent à écouter leur cœur. Ce changement s’explique par une rupture géographique importante et surtout par un engouement que les enfants malgaches transmettent tout naturellement à travers une joie de vivre qui ne s’amenuise jamais.
Une fois les barrières tombées, commence une course contre le temps et chacun se rend compte que les 10 jours ensemble vont passer très vite. Alors les jeunes français qui ont souvent des habitudes de « coucher tard et lever tard » change progressivement, voir rapidement pour certains, de rythme. Pendant 10 jours on échange, on parle de nos familles des vécus de chacun, scolaire et personnel. On vie ensemble du matin au soir, on partage les repas et les tâches ménagères, le tout dans une bonne humeur saisissante. Un petit chantier mobilise tous ces enfants pendant quelques jours, mais il ne compte plus vraiment aux yeux des français. Ils ont compris qu’il n’était qu’un prétexte à partager ensemble. Un prétexte qui aura mobilisé tous nos jeunes vers un objectifs commun : s’engager et partager des moments ensemble.
Ils sont arrivés plein d’espoir dans l’aide qu’ils allaient apporter à ces jeunes malgaches et soudain la réalité leur a sauté aux yeux : Ils ont tellement reçu et ont maintenant le sentiment d’avoir peu donné. Que personne n’ait d’inquiétude : les rires et les larmes de chacun, français et malgaches, nous prouvent que chacun a rempli son rôle, que chacun a offert et acquis un peu de soit, en un mot échangé. Et c’est ce que nous souhaitions vous faire partager, un monde simple où la réalité d’un sourire suffit amplement à nous faire rêver.
15.07.2010
Des vacances mouvementées !
Depuis une semaine, nous recevons la visite des séjours solidaires. Pas moins de 28 adolescents "Vasaha" nous ont rejoint pour partager le quotidien des jeunes malgaches. Nous n'avons pas arrêté de la semaine, entre échanges, jeux et travaux solidaires, pas le temps de s'ennuyer. Le premier groupe construit une balançoire dans la maison des filles, que nous allons peindre aujourd'hui en rose et bleu, à la demande des filles. Nous avons également mis en place des activités avec l'équipe d'éducateurs animateurs où nous apprenons aux vasaha des jeux et danses traditionnelles malgaches. Un séjour intense, aussi bien pour les français que pour les malgaches !
03.07.2010
Une belle réussite…
Joseph a eu 19 ans en mai. Il a été accueilli par Grandir à Antsirabe en 2007 lors de l’ouverture de la Maison des Garçons. Joseph a eu une enfance difficile : issu d’une famille très pauvre il a dû quitter l’école en CM2 pour aider sa mère. Il a travaillé quasiment toute son enfance, cumulant les petits boulots de la rue tels que porteur d’eau, laveur de voiture, etc. Petit à petit il s’est éloigné de sa famille pour vivre dans la rue avec ses amis. C’est le hasard qui lui a fait croiser le chemin de Grandir à. Au moment de son entrée dans l’association, Joseph était très actif, il n’arrivait pas à se concentrer, il était perturbateur et rencontrait souvent des difficultés à rentrer dans le cadre qu’imposait l’association. Avec le temps il a beaucoup changé au point de dire qu’il est celui qui a le plus progressé depuis l’ouverture de la maison. Il est plus mature et sait mieux se contrôler.
Dès son entrée dans l’association, Joseph manifestait une envie de travailler en cuisine et l'exprimait au quotidien en prenant souvent la place des autres pour confectionner les repas à la maison. Au début du mois d'avril 2008, sa motivation lui a permis de commencer à travailler «Chez Billy», un hôtel-restaurant d'Antsirabe, avec un contrat d'apprentissage d'une durée d'un an, non rémunéré. Assidu à la tâche son patron était très satisfait de lui. En juin 2008, une fois de plus le hasard et la chance se manifestèrent. Les responsables de l’association rencontrèrent Philippe, un suisse de l’école hôtelière de Lausanne qui était sur Antsirabe pour travailler sur le renforcement pédagogique d’une école hôtelière locale appelé l’ESSVA. L’équipe éducative de Grandir à Antsirabe présenta le cas de Joseph à Philippe qui se prit tout de suite d’affection pour notre jeune. Il ne fallu pas plus d’un mois à Philippe pour faire entrer Joseph à l’ESSVA en tant que commis. Cette formation normalement réservée pour les bac+, il fit une dérogation spéciale pour Joseph qui n’est allé que trop peu à l’école. Le contrat était celui-ci : Joseph travaillerait en cuisine avec les autres élèves et serait dispensé des cours magistraux. Philippe lui trouva même quelques financements afin que Joseph soit rémunéré durant sa formation. Ainsi il rentra à l’ESSVA en septembre 2008 et débuta sa formation de cuisinier. Assidu, travailleur et doué, les responsables de Joseph furent toujours très contents de lui. Il fit ainsi deux ans de formation jusqu’en avril de cette année où il lui fallut trouver un stage. Une fois de plus son bienfaiteur intervint et lui trouva un stage dans un hôtel luxueux de l’île Maurice. Après avoir fait les démarches administratives nécessaires, Joseph décolla de Tana pour atterrir sur cette petite île de l’océan Indien.
Une fois de plus son travail est reconnu, son patron mauricien est enchanté par Joseph qui s’est très rapidement intégré au sein de l’équipe de cuisiniers et qui travaille très sérieusement. En ce moment même Philippe et son patron tente de voir s’il est possible de prolonger son stage de 3 mois afin qu’il puisse revenir à Madagascar riche d’une expérience en hôtel de luxe.
Joseph est la fierté de sa famille qui récemment nous confiait encore qu’elle pensait que Joseph finirait en prison à force de fréquenter les voyous de la rue. Sa mère n’en revient pas qu’il est changé à ce point et elle est très fière qu’il ait pu partir de Madagascar pour le travail. Joseph est aussi la fierté de Philippe qui a su voir en lui le garçon sérieux et talentueux qu’il est. Bien sûr Joseph est aussi la fierté de Grandir à Antsirabe qui espère que tous les enfants de l’association suivront le chemin de la réussite tel que celui que Joseph a emprunté.
Joseph rentrera normalement en septembre. Son formateur à l’ESSVA essaie déjà de lui trouver un travail dans un hôtel prestigieux de l’île. L’équipe de Grandir à Antsirabe quant à elle, aidera Joseph dans ses démarches d’installation afin qu’il puisse commencer sa vie d’adulte sur des bases saines.
Au nom de toute l’équipe, de sa famille et de ses bienfaiteurs, nous disons un grand bravo à Joseph qui seulement trois ans plutôt dormait encore dans la rue… Quelle belle réussite !
21.06.2010
Journée récréative pour l’enfance vulnérable, une initiative inter-associative très prometteuse à Antsirabe
Samedi 19 juin, pas moins de 800 jeunes entre 2 et 25 ans, répartis dans 14 associations, se sont réunis au Parc de Verdure pour toute la journée dans un objectif commun : s’amuser, danser et partager une journée ensemble pendant ce mois de juin qui est dédié à l’enfance.
Depuis plus de deux mois, nous préparions cette fête avec enthousiasme et étions motivés par cette idée de rapprochement par l’organisation d’un tel événement dont l’objectif était commun à tous : le divertissement des enfants. Une fois le thème, la date et le lieu choisis, nous nous sommes divisés en divers commissions pour l’organisation pratique de la journée. Les uns se sont occupés de la logistique en faisant toutes les demandes officielles, les autres mettaient en place la sécurité et les derniers étaient en charge de l’animation en deux groupe : kermesse pour le matin et spectacle pour l’après-midi. Nous avions décidé de créer une fête à moindre coût et sans demander de participation financière aux associations pour encourager le maximum de participation. Grace à la générosité et l’encouragement de divers particuliers de la ville, nous avons pu bénéficier d’un espace vert immense idéalement adapté à notre journée, et une enveloppe financière permettant de louer des tonnelles et de dédommager la présence de la croix rouge et de deux policiers pour la sécurité. Nous avons également reçu un don de bonbons et biscuits pour le goûter.
Chaque association a proposé deux ou trois petits jeux dans lesquels les enfants ont joués toutes la matinée. Puis nous avons pique-niquer devant un spectacle de Vakodrazana, danse traditionnelle locale. A 13h30, vint le Mitabe : spectacle de danse mélangeant 5 enfants par association, préparé depuis 6 semaines par la Compagnie M. Ce mouvement d’ensemble fut le symbole de ce rassemblement inter-associatif et donna le départ à des spectacles de danses et chants sur scènes par les enfants, ponctués par des petits shows des pom-pom girls du Lycée St Martin. Pour conclure le spectacle, nous avons eu l’honneur de recevoir Mamy Basta, chanteur de folk malgache connu à travers tout le pays, qui est venu chanter avec les enfants. C’est ainsi que tous se sont investis dans la préparation et la réalisation de cette journée festive dont le résultat était encourageant, puisque les rires et chants des enfants ont résonnés toute la journée dans l’enceinte de ce parc.
Bientôt, nous nous reverrons tous pour dresser un bilan de notre réalisation en discutant ensemble des aspects positifs, des points à améliorer, ainsi que de nos perspectives d’avenirs. Malgré quelques stress de dernière minute, nombreux sont ceux qui se sont investis sérieusement au profit de nos buts communs, et nous espérons continuer de nous rencontrer régulièrement pour aborder ensemble des problématiques communes.













