18/08/2014

Madagascar : les ménages s’endettent pour acheter de la nourriture

La pauvreté d’une bonne partie des ménages malgaches leur cause des soucis pour joindre les deux bouts. Un rapport indique qu’une grande part des familles emprunte de l’argent pour acheter de la nourriture.

 

Le rapport d’une étude de l’Institut national des statistiques (Instat) effectué au mois de mai a été décortiqué par le site moov.mg : la pauvreté est telle que certains ménages malgaches s’endettent pour leurs consommations alimentaires. Ces familles s’adressent habituellement à des amis, collègues, famille, leur employeur ou encore des banques ou institutions de microfinance.

 

D’après les résultats de l’étude, 50% des personnes interrogées ont contracté un emprunt au cours des douze derniers mois, toutes couches sociales confondues, habitant des villes comme ruraux. Seulement 3,5% d’entre elles se sont tournées vers une banque ou une autre institution financière.

Quant aux motifs principaux, les plus cités sont la santé (36%), viennent ensuite les besoins alimentaires (33%), et enfin les frais de scolarité (21%).

Au niveau de l’impact de ces emprunts, le rapport indique que seulement 22,5% ont vu leur ration alimentaire augmentée.

Concernant le taux de possession d’un compte bancaire ou des épargnes d’autre nature, le rapport montre que celui-ci est faible, 22% seulement.

Pour 9 adultes interrogés sur 10, le manque de fond constitue tout simplement le frein à la possession d’un compte bancaire. Ces personnes, possédant un compte ou non, gardent habituellement leur argent à la maison.

L’enquête fait partie d’une série mensuelle que l’Instat effectue depuis le mois de mars auprès de 2000 ménages malgaches.

 

Source : Linfo.re

04/08/2014

L’éducation préscolaire peu fréquentée

Le Plan intérimaire de l’éducation rapporte que moins de 10% des enfants de 6 ans, reçoivent une éducation préscolaire. Celle-ci est importante pour leur développement.

L’éducation préscolaire a du chemin à suivre pour conquérir la petite enfance, surtout les enfants issus des familles défavorisées. Dans son Plan intérimaire de l’éducation, le ministère de l’Éducation nationale révèle que, moins de 10% des enfants de moins de 6 ans, qui, selon le rapport EPM 2010, constituent 20% de la population, bénéficient d’une éducation préscolaire. Ses centres dont la majorité sont des établissements privés sont concentrés en ville. Ceux qui sont publics ne disposent que de deux mille cinq cent centres, alors qu’il y a environ vingt-quatre mille écoles primaires publi­ques (EPP).

PRESCOLAIRE.jpgL’insuffisance des cen­tres, des éducateurs spécialisés à la petite enfance, et surtout les frais d’inscription qui varient de 10 000 ariary à 100 000 ariary par mois, dans certains établissements privés, seraient la cause de cette faible fréquentation des centres préscolaires.

Lors d’un atelier de consul­tation nationale pour l’élaboration d’un cadre d’orientation de l’éducation préscolaire hier, Arthur Manan­jaona, Directeur de l’éducation préscolaire et de l’alpha­­- bétisation (Depa) auprès du ministère de l’Éducation, souligne que l’ouverture d’un centre préscolaire exige des normes à respecter.

Déterminant

Ce sont, entre autres, la disposition d’un bâtiment aux normes, des éducateurs spécialisés, une participation des parents, et surtout l’accompagnement de l’État et des partenaires techniques et financiers dans la fourniture des kits préscolaires pour les enfants et pour les éducateurs, d’un coin de lecture par exemple,…« La plupart des centres préscolaires naissent d’une initiative des parents. Leur existence est importante, car le préscolaire éveille le langage, l’autonomie et la motricité de l’enfant. Sachez que 70% des jeunes qui fréquentent les universités, sont passés par le niveau préscolaire », constate le Depa.

L’Unesco, dans son document de renforcement de l’encadrement de la prime enfance, de l’éducation préscolaire et de la famille, encourage l’envoi des enfants dans des centres préscolaires avant leur sixième année. « Les psychopédagogues admettent que tout se joue avant six ans. Le développement global de l’enfant à cet âge est déterminant pour sa vie future, et son cerveau dispose de potentialités qui n’attendent qu’à s’épanouir », cite le document. Un propos qui va à la fois, à l’endroit des parents et à l’État de faciliter l’accès des tout-petits à l’éducation préscolaire de qualité.

Michella Raharisoa 

Source : L’Express de Madagascar

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31/07/2014

Raymond Ranjeva : « Les malgaches n’ont plus de repère »

Les Malgaches ont besoin d’un nouveau repère et une nouvelle vision politique. Il ne faut plus que l’on perde notre temps sur quelque chose d’éphémère, sur des faux débats, estime le Professeur Raymond Ranjeva lors d’une conférence-débat qu’il a tenue, hier, à la Faculté de théologie d’Ambatonakanga. Par faux débats, il fait référence à la conjoncture politique actuelle dans la Grande Île, marquée particulièrement par les problèmes liés aux communales, le retour de l’ancien Président Marc Ravalomanana et les problèmes au sein de l’Assemblée nationale, entre autres.

politique à Madagscar
Ce juriste international propose que l’on revoie de fond en comble la notion de la politique à Madagascar, aussi bien au niveau des simples citoyens qu’au niveau de la classe politique. « La majorité des Malgaches ne s’intéressent plus à la politique. Ils agissent en spectateurs et donnent de ce fait champ libre aux politiciens. C’est une erreur. En outre, ils ne savent plus où aller. La majorité des politiciens, de leur part, ne se conduisent pas en tant que dirigeants responsables », a-t-il fustigé.
De l’avis du professeur Raymond Ranjeva, il faut revoir la pratique politique à Madagascar et lancer une nouvelle génération de politiciens. « Les citoyens devraient rompre avec leur (mauvaise) habitude. Les politiciens, quant à eux, devraient briser leur lien avec leur patron. Ça pourrait être de l’argent, un individu ou un partenaire financier. Il ne faut pas oublier qu’ils ont pour mission de reconstruire le pays et d’avoir, de ce fait, un projet de société. Combien d’entre eux sont conscients de cette responsabilité   », a-t-il rappelé avant de craindre qu’il n’y ait plus de place pour de réflexion au niveau de la société.


Rompre avec l’habitude


Nostalgique, le professeur Raymond Ranjeva rappelle qu’autrefois, les étrangers saluaient le comportement et les attitudes des malgaches, notamment après les événements de 1947 et de 1972. « Nous étions même des modèles pour bon nombre de peuples », a-t-il estimé avant d’indiquer que les malgaches ne méritent pas d’être là où ils son actuellement.
Mars 1947 marque l’histoire de Madagascar par l’insurrection des Malgaches sous la colonisation française. La répression des soldats français dans plusieurs villes de l’île avait entraîné des milliers de victime malgache le 29 mars. En mai 1972, c’était la période de la première crise à Madagascar avec des manifestations estudiantines et des fonctionnaires. Elles dénonçaient la non-équité de l’éducation et le néo-colonialisme français et avaient entraîné la chute du Président Philibert Tsiranana.

 

Lova Emmanuel

 

Source : L’Express de Madagascar

 

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21/07/2014

Reflet des grandes vacances : des disparités entre les ménages malgaches

Ah ! Les vacances, le soleil, la nature, les escapades… ! Chacun a sa vision bien personnelle des vacances. Néanmoins, le niveau de vie reste déterminant pour pouvoir s'offrir ce genre de privilège. Les vacances scolaires n’apporteront pas de répit aux familles malgaches. Les parents vont être occupés, dès les prochaines semaines, à gérer avec des moyens dérisoires l’achat de fournitures scolaires, en prévision de la rentrée. Cette période de pause durant laquelle, auparavant les foyers programmaient de courtes escapades au bord de la mer ou tout simplement à la campagne, est devenue une sorte de sursis, en attendant les prochaines difficultés vécues au quotidien par les ménages malgaches.

Un décalage dans le calendrier

Pour les élèves du primaire, les vacances ont commencé. Arrivera ensuite le tour des collégiens et lycéens, du moins pour ceux qui n’auront pas à passer les examens officiels. Suivant le calendrier établi par le ministère de l’Education nationale, les élèves de la classe de septième sont dans la dernière ligne droite des révisions avant de passer les épreuves du Certificat d’Etudes primaires élémentaires (CEPE), mardi prochain. Les élèves de la classe de troisième passeront à leur tour le Brevet d’Etudes du premier Cycle (BEPC) à partir du 28 juillet. Et, enfin, ceux de terminale plancheront sur les épreuves du baccalauréat, prévues à partir du 18 août prochain pour l’enseignement général.
Et si les candidats au baccalauréat malgache doivent encore s’armer de patience avant les vraies grandes vacances, les élèves du système français, eux, ont d’ores et déjà l’esprit tourné vers la prochaine rentrée scolaire. Ainsi, tandis que les élèves des écoles malgaches profitent pleinement de leurs vacances, ceux des écoles françaises reprennent les révisions ! Des vacances qui ont commencé en début du mois de juillet, si la rentrée est prévue pour le début du mois de septembre. En effet, le calendrier scolaire du système français s'aligne sur celui de la métropole, tandis que celui du système malgache prend de plus en plus de retard ces dernières années.
Effectivement, il n’y a pas que le chamboulement du calendrier scolaire, la désorganisation du calendrier universitaire est également constatée. Suite aux grèves incessantes dans les universités publiques, les dates de début des cours diffèrent d’une faculté à l’autre. Alors que la rentrée académique concerne les nouveaux bacheliers, les autres niveaux supérieurs entament les examens, tandis que d’autres suivent les cours de rattrapage. Face à une rentrée tardive et chamboulée, les étudiants semblent privés de vacances avec des emplois du temps plus ou moins surchargés.
Pour certaines familles, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour le programme des vacances. Mais pour celles ayant des enfants qui vont devoir passer séparément les examens officiels, une planification s’impose, du moins pour ceux qui en ont les moyens.

Moment des inégalités…

Auparavant, une famille de la classe moyenne pouvait effectivement s’offrir des vacances et des escapades hors de sa ville de résidence, ne serait-ce que pour deux ou trois jours. Mais les difficultés grandissantes vécues au quotidien par les ménages font que la proportion de ceux qui se permettent de s'offrir ce genre de privilège ne dépasse plus les 10%.
Pour les enfants, les vacances sont une période de pause, le temps des grasses matinées à paresser au lit jusqu'à 9h… Pour les familles ayant des revenus plus ou moins élevés, c’est le temps des escapades au bord de la mer, à la campagne ou, pourquoi pas, à l’étranger.
Mais pour nombreux enfants, les vacances sont aussi le temps des inégalités qui s’aggravent, entre ceux qui partent et ceux qui, faute de moyens, restent chez eux ou chez des proches ou encore des amis de la famille ; entre ceux qui disposent chez eux de livres, de films, d’ordinateurs et ceux qui n’ont rien pour tuer le temps ; entre ceux qui vont au musée, qui font du sport, etc. et ceux qui passent leur temps à trainailler…
Pour certains ménages, les vacances sont l’occasion de se faire quelques économies. Un ménage ayant plusieurs enfants à charge se trouve souvent confrontée à des difficultés financières. Les vacances sont ainsi une occasion pour eux de mettre à profit ce « petit capital humain » pour s’acquitter des menues tâches qui, d’ordinaire, requièrent les services de tiers ou encore pour contribuer à la rentré d’argent de la famille.
En effet, il n’est pas rare de voir des mineurs s’adonner à des activités commerciales durant les périodes de vacances. Les jeunes et adolescents conscients de l’enjeu de ces petites activités lucratives diront que ce sont des « travaux de vacances ». Mais dans de nombreux cas, c’est l’insuffisance financière même au sein de la famille qui poussent les parents à faire travailler leurs enfants, ne serait-ce que pour quelques sous supplémentaires.
Bref, les vacances, c’est aussi le temps où diffèrent les comportements et les modes de vie.

Source : Newsmada

 

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